Formation prédépart, médicament contre la malaria et sujets délicats

October 21, 2016.Janelle de Vries.0 Likes.0 Comments

Pour une raison qui m’échappe, je n’y crois pas encore vraiment lorsque j’explique à mon entourage que dans moins de sept jours, je serai à bord d’un vol à destination de Lusaka, en Zambie, pour un séjour de six mois. Mais c’est la réalité. Aujourd’hui encore, tout en haut de ma boîte de réception apparaissait un courriel de demande d’information pour le programme de la sécurité des vols « Secure Flight » d’Air Canada. Deux de nos trois semaines de formation prédépart se sont déjà écoulées. J’en suis à mon troisième comprimé hebdomadaire contre la malaria. Ça m’arrive bel et bien.

janelle2La formation prédépart a constitué un stimulant défi de croissance personnelle et professionnelle. Elle a lieu dans deux campus distincts de l’Université de Toronto au centre-ville, soit au bureau national d’ISF, situé sur Bloor Street, et à la maison ISF, en plein cœur du quartier très animé Midtown [en anglais seulement] (à proximité du centre-ville, près de la petite Éthiopie et du quartier coréen). Notre groupe, onze membres professionnels de longue date, se partage les étages d’un petit édifice doté de trois chambres, une douche, deux réfrigérateurs et d’une pergola à laquelle grimpe une vigne comptant de cinq à dix grappes, ma foi assez dodues. Débordant d’activité et très dynamique, l’endroit a favorisé la création de liens qui perdureront sans l’ombre d’un doute bien après la formation et notre séjour là-bas.

Au cours de la première semaine, en guise de mise en contexte, on nous a parlé des villes et régions du pays où nous nous rendons, ainsi que des territoires qui l’entourent. Ce que j’en retire est une connaissance plus approfondie des facteurs externes qui ont placé le continent africain dans la position où il se trouve aujourd’hui, plus particulièrement le rôle qu’a joué l’Occident [en anglais seulement] dans ce processus et à quel point nous sommes privilégiés lorsque nous voyageons outre-mer. Ces renseignements visent à ce que les gens œuvrant dans le domaine du développement international apprennent à réfléchir avec ceux qu’ils servent et non pas à leur place, à demander plutôt qu’affirmer, à écouter plutôt que parler et à apprendre plutôt que dicter. Personne n’a la vérité absolue : c’est la somme de toutes ces idées qui constitue le moteur du véritable changement.

La deuxième semaine de formation a consisté en une introduction aux outils, modèles et systèmes mis à notre disposition dans le cadre de notre travail à l’étranger. Nous avons abordé notamment le leadership adaptatif [en anglais seulement], la mise à l’échelle et le changement des systèmes [en anglais seulement]. L’atelier traitant de conception centrée sur l’humain [en anglais seulement] a été mon préféré. Devon, du bureau national d’ISF, nous a fait sortir sur le campus de l’Université de Toronto pour interroger les étudiants sur ce qu’il faudrait pour « améliorer l’expérience étudiante ». À la fin de l’exercice, nous avions reçu des idées allant d’ateliers d’animation pour les professeurs à des applications mobiles personnalisées qui permettraient aux étudiants d’entrer plus facilement en contact avec les autres, ainsi qu’avec les différents clubs, classes, groupes et événements qui les intéressent ou les passionnent, sur le campus et dans ses environs.

<<…que nous discutons de ce qu’on nous a enseigné en cours de la journée, que nous le disséquons, que nous le questionnons et que nous l’appliquons.>>

Les moments les plus percutants de la formation prédépart ont de loin été ceux qui n’étaient pas planifiés ni obligatoires. Avoir l’occasion de passer du temps avec 10 personnes extraordinaires, talentueuses et brillantes, provenant de divers horizons et lieux du Canada est une chose dont je suis très reconnaissante. Ils sont ingénieurs en chimie et en géomatique, avocats, experts en science des données et professionnels du développement international, pour ne nommer que ceux-là. En tant que groupe, nous constatons la force exponentielle qu’apporte l’expérience de chacun, ce qui ne se serait pas révélé aussi clairement si nous n’étions pas devenus assez à l’aise ensemble pour tenir des conversations courageuses dans un environnement sûr qui favorisait les échanges. Et ces conversations se poursuivent bien après la formation, jusqu’à l’aube parfois, passant de nos passions, à nos rêves, à la politique, aux préjugés… C’est ici, entassés sur une causeuse, un divan, ou assis sur le bord d’une fenêtre, que nous discutons de ce qu’on nous a enseigné en cours de la journée, que nous le disséquons, que nous le questionnons et que nous l’appliquons. C’est ce même lieu qui nous a permis d’aborder des sujets délicats comme l’oppression, les privilèges et le racisme. De telles discussions sont absolument nécessaires pour faire naître de meilleurs citoyens du monde, et je suis reconnaissante d’avoir pu en côtoyer quelques-uns.

Au cours de notre dernière semaine de préparatifs, nous effectuerons les dernières démarches essentielles avec ISF avant le grand départ. Nous aurons entre autres à présenter formellement aux autres et au bureau national d’ISF ce que nous entreprendrons, le travail que nous accomplirons là-bas.

Ces deux dernières semaines excitantes et exigeantes ont constitué une belle occasion de croissance tant personnelle que professionnelle et je suis réellement IMPATIENTE de débuter la troisième semaine!

En tant qu’ingénieurs, conseillers, techniciens et scientifiques qui comprennent le monde complexe et interconnecté d'aujourd'hui, nous croyons que les gens et les idées novatrices sont essentielles pour créer des changements positifs durables. Voilà pourquoi WSP a établi un partenariat avec Ingénieurs sans frontières Canada pour appuyer les programmes suivants: «Professional Fellowship», «Engineering Change Labs» et «xChange».

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